1 février 2026

Article L.8222-1 : quelles sanctions en cas de non-conformité ?

Article L.8222-1 : quelles sanctions en cas de non-conformité ?

L'article L.8222-1 en bref

L'article L.8222-1 du Code du travail est le texte fondateur de l'obligation de vigilance en matière de sous-traitance. Il impose à toute personne qui conclut un contrat d'un montant supérieur à 5 000 € HT de vérifier que son cocontractant s'acquitte de ses obligations sociales et fiscales.

Qui est concerné ?

Tous les donneurs d'ordres, sans exception :

  • Entreprises de toutes tailles (TPE, PME, ETI, grands groupes)
  • Secteur privé et public
  • Tous les secteurs d'activité

Le seuil déclencheur est un contrat de 5 000 € HT, qu'il s'agisse d'un contrat ponctuel ou récurrent.

Les vérifications obligatoires

À la conclusion du contrat, puis tous les 6 mois jusqu'à la fin de son exécution, le donneur d'ordres doit obtenir :

  1. Une attestation de vigilance délivrée par l'URSSAF, prouvant la régularité des cotisations sociales
  2. Une attestation fiscale délivrée par la DGFiP
  3. Un extrait KBIS de moins de 3 mois (ou équivalent pour les professions libérales)

Les sanctions détaillées

Solidarité financière (art. L.8222-2)

C'est la sanction la plus redoutée. Si votre sous-traitant est en infraction (travail dissimulé, cotisations impayées), vous pouvez être tenu solidairement responsable du paiement :

  • Des impôts, taxes et cotisations sociales dus par le sous-traitant
  • Des rémunérations et charges dues aux salariés du sous-traitant
  • Le montant peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros

Annulation des exonérations de charges

L'article L.8222-3 prévoit la suppression de l'ensemble des réductions et exonérations de cotisations sociales dont bénéficie le donneur d'ordres, pour toute la durée du contrat litigieux.

Amende administrative

Depuis la loi du 10 septembre 2018, une amende administrative peut être prononcée. Son montant peut atteindre 15 000 € par salarié détaché en situation irrégulière.

Fermeture administrative

Dans les cas les plus graves, l'autorité administrative peut ordonner la fermeture temporaire de l'établissement pour une durée maximale de 3 mois.

Jurisprudence récente

Les tribunaux sont de plus en plus sévères. Quelques décisions marquantes :

  • Cass. soc., 2024 : Un donneur d'ordres condamné à payer 180 000 € de cotisations dues par son sous-traitant, faute d'avoir vérifié l'attestation URSSAF.
  • CAA Paris, 2023 : Confirmation de la suppression de 45 000 € d'exonérations de charges pour un donneur d'ordres qui n'avait pas renouvelé ses vérifications.

Comment se protéger ?

La meilleure protection est la prévention :

  1. Vérifiez systématiquement avant la signature de tout contrat de plus de 5 000 € HT
  2. Renouvelez les vérifications tous les 6 mois au minimum
  3. Conservez les preuves de vos vérifications (rapports datés et horodatés)
  4. Réagissez immédiatement si un document est manquant ou expiré

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